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06/11/2007

8 - LES URGENCES, C'EST FINI.

Samedi 15 - Pour le Service de Réanimation d'Urgence, je suis hors de danger. On me transfère donc dans une autre chambre en service de cardiologie afin de poursuivre les examens car il faut maintenant trouver la cause de cet accident.

Il y à de cela encore une vingtaine d’année, ces investigations n’existaient pas. Lors d’un infarctus, une fois sortie du service de réanimation, on vous renvoyait gentiment chez vous avec les bons conseils d’usage. C’est ainsi que ma chère Maman est partie au bout de son quatrième accident cardiaque.

On m'installe donc dans la chambre 14 et là, je vais faire la connaissance d'un curieux personnage avec qui je vais partager pendant un certain temps, une tranche de vie et, croyez-moi, quand j'utilise le mot TRANCHE, ce n'est pas qu'une image!

Il se prénomme André ; c'est un grand gaillard de 72 ans ancien boulanger pâtissier de son état, retiré dans l'Indre au milieu d'une nature qu'il aime et chéri. Il a une voix de stentor, une immense joie de vivre et une façon de ronfler qui ferait honte à un Boeing 747 au décollage.

D'entrée, nous sympathisons. Nous avons certains points en communs dont surtout celui de la bonne chaire.

A chaque repas, nous transformons nos jambons purée en délicieuses terrines et pâtés divers, les nouilles à l'eau en gratins onctueux et dorés, les compotes en gâteaux pur beurre où les fraises et la chantilly, voisinent avec le chocolat et les petits fours.

Il parle de son pain comme un avare de son or, avec des mots précieux et rare qui vous donne l'impression d'être au milieu du fournil. On le voit, on le sent, on aimerait en manger.

Les boissons ne sont pas en reste, et notre triste carafe d'eau est vite remplacée par des images de Chinon, Gamay et autres " vins de soif" comme il sait si bien le dire.

Il a passé sa période militaire en tant que cuistot dans les sous-marins et pas n’importe lequel s’il vous plait : le CASABLANCA, qui s’est illustré par de hauts faits pendant la dernière guerre, et donc il n’a pas mal "bourlingué" ce qui agrémente gentiment nos soirées, d'aventures à la Dickens et nous en fait même oublier la télévision. Le week-end passera ponctué de visites familiales comme de coutume dans ces cas-là.

Lundi 17 - La journée est calme, ma seule contrainte physique, est une seringue d’Eparine (un fluidifiant sanguin) qui est reliée à mon bras gauche d'une part et à un appareil qui pousse cette grosse seringue automatiquement par un système de piston électrique, qui me distille ainsi une dose précise. L'appareil pouvant être mis sur batteries, me permet de faire quelques pas dans le couloir et même de descendre boire un café; subtil plaisir. En fin de soirée je suis obligé de me raser du nombril au genoux pour l'examen du lendemain: la Coronarographie.


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