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10/11/2007

12 - CONTE DE FEES

Mercredi 19 –

Toujours sur mon lit, bloqué par cette jambe que je ne peux bouger, je pense….Si si cela m’arrive !
Et à quoi je pense, à ces merveilleux contes de fées qui commencent toujours de la même façon : Il était une fois ….

Donc, il était une fois, quatre Fées : La première, la fée Cholestérol, petite et grassouillette, qui passe généralement ses vacances dans les artères, et y laisse ses ordures … (pas très écolo, la fée !).

La deuxième, la fée Nicotine, qui non contente de s’infiltrer dans vos poumons, ne délaisse pas non plus vos artères en les durcissants.

La troisième, la fée Tension, qui se fait une joie de vous mettre la pression, et de vous énerver pour un rien. Stressante la fée je vous le dis.

Enfin, la fée Hérédité, qui se charge de vous laisser un petit souvenir de vos parents pour l’avenir.

Et bien moi, vous ne le croiraient sûrement pas, j’ai une chance incroyable : Elles étaient toute les quatre au-dessus de mon berceau avec ce petit sourire goguenard et me disant : Tu verras on se retrouvera dans cinquante ans !

Et bien oui, elles étaient bien au rendez-vous, les garces … Et de plus elles n’ont pas fait dans la dentelle, elles m’ont bien pourris le système cardiovasculaire, à tel point que je passerai les dix années suivantes, de blocs opératoires, en table d’opération de toutes sortes.

Enfin, on ne va pas pleurer, je suis vivant et je suis la en train de vous raconter mes petites misères alors qu’il y a bien pire que moi.
Le seul problème dans cette histoire, c’est que moi, c’est moi et que je vis avec une épée de Damoclès au dessus de la tête et ne sait jamais à quel moment elle va me tomber dessus.

(L’épée de la dame au clebs comme disent certains).

Chaque matin, je me lève en regardant mon rayon de soleil (ma petite femme) et ne sais si je ne vais pas terminer cette journée dans un bloc opératoire. Et je sais de quoi je parle : Sept opérations en dix ans, ça à tendance à vous mettre les boules non ?

Enfin si je peux vous donner un petit conseil, la cigarette laissez tomber, les repas bien riches et bien arrosés, allez-y doucement, et pour la tension, restez cool si possible.

Demain sera un autre jour …


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09/11/2007

11 - MA VIE - Chapitre 4

En 1988, je rentrais dans une société de produits de gadgetterie C’était la grande mode à ce moment la, et il en fleurissait un peu partout en France (SOHO, BATHROOM GRAFFITIS, et bien d’autres encore).

Le jeune couple qui avait crée cette société, était de l ‘école américaine, et plein de talent pour trouver aux quatre coins du monde, des objets insolites et curieux. Leur seul problème, il fallait un bon commercial pour distribuer tous ces gadgets. Ils avait donc embauché de jeunes commerciaux, qui jusqu’alors n’avaient pas fait des étincelles …

J’étais à ce moment en recherche d’emploi, mon dernier employeur étant un brin escroc sur les bords, cela c’était fini au prud’homme.

De bonne heure le matin j’allais chercher les journaux pour y compulser les petites annonces ; L’avenir appartenant comme on le sait à ceux qui se lève tôt !!!

Après avoir pris rendez-vous, je me rendais chez eux du côté du Perreux. Malgré mon âge avancé, mes « états de service » suppléaient à ce problème. Donc en 1988, avoir 43 ans c’était déjà vieux !!! On voit ce qu’il en est aujourd’hui.

De plus j’avais un principe, je ne demandais pas de fixe mais un taux de commissions élevées.
Me connaissant, je n’y ai jamais perdu, bien au contraire.

Je fût donc embauché, et me voilà parti avec mes gadgets. Pour tout vous dire, je n’étais pas du tout persuadé du bien fondé de la démarche, mais par principe, il faut aller voir.
Pour vous donner un exemple de produit, j’avais une série de montres, réveils, et pendules aux effigies : d’Elvis Presley, Les Marx Brothers, James Dean, Marilyn Monroe, et bien tenez vous bien, j’en ais vendu des milliers !!!
Le reste était dans la même idée, et je peux vous dire qu’a la fin, je gagnais plus que mon patron.

Je m’étais offert le tout dernier Celica de Toyota, une voiture superbe, qui m’obligeais à aller me garer un peu plus loin afin de ne pas rendre jaloux les clients.

C’est à cette époque que commençais à apparaître les premier Pin’s de diffusion (Disney, voitures, motos, toons, etc.).
L’idée nous vint à mon patron et à moi-même, lors du premier salon du gadget (le Mooving) de proposer aux clients, quelque soit leur profession, un Pin’s qui représenterait leur activité ou leurs produits. Le prix était alors de 1.000 Frs pour 100 Pin’s ?

Nous repartîmes de ce salon avec des carnets de commandes incroyables : Le Pin’s publicitaire venait de naître.


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19:20 Publié dans Journal intime | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Gadgets, pin's

08/11/2007

10 - LA CORONAROGRAPHIE.

Mardi 18 -

L'examen que je vais subir et qui va, je l'espère m'éclairer sur ce qui se passe à l'intérieur de ma carcasse, commence cette journée. La Coronarographie : qu'est-ce?

Cet examen permet de faire le diagnostic d’athérosclérose (plaques qui se déposent dans les artères et les obstruent) au niveau des artères qui nourrissent le cœur : les artères coronaires.

Il faut comprendre que le cœur est la pompe qui envoie le sang dans les vaisseaux à un débit d'environ 5litres/minute. En cas de défaillance de la pompe, le débit est diminué.
Si dans votre voiture, la pompe à eau est défectueuse, l'eau ne circule plus, elle chauffe et adieu le joint de culasse.
Là, c'est à peu de choses près identique seulement les conséquences sont beaucoup plus grave.

Il s’agit d’une maladie insidieuse apparaissant progressivement chez les personnes ayant un taux de cholestérol trop élevé dans le sang. Le tabagisme, l’hypertension, les antécédents familiaux, le stress sont également des facteurs de risque.

Ne pouvant faire un examen assez précis de l'extérieur, on va y aller par l'intérieur. Je vous rassure de suite, ce n'est pas douloureux mais par contre assez spectaculaire. Après m'avoir allongé sur une table d'examen en acier (c'est froid, beurk), une infirmière me badigeonne du torse au genoux d'un produit désinfectant, me recouvre d'un" champ opératoire "; grand drap épais aseptisé, généralement bleu ou vert muni d'une ouverture plus ou moins grande à l'endroit ou doit avoir lieu l'intervention ( ici à l'aine, côté droit).

Petite anesthésie locale et hop, le chirurgien vous introduit dans l'artère fémorale au plie de l'aine, un introducteur (un tube dans lequel il va pouvoir faire passer un cathéter). Les cathéters c'est à dire les sondes, sont des tuyaux flexibles en plastique, opaque aux rayons X, de 2mm de diamètre environ qui progressent à l'intérieur des vaisseaux et donc jusqu'aux artères coronaires. (Voir images ci-¬dessous).




medium_Bloc_coro.2.jpg
medium_Imagerie_coro.jpg
medium_Les_coronaires.2.jpg








Le sang étant transparents aux rayons X, il faut afin de visualiser les cathéters, injecter un liquide opacifiant à base d'iode qui permettra de voir les rétrécissements éventuels provoqués par les plaques athéroscléreuses déposées dans les coronaires et surtout de prendre des images photographiques.
Le bombardement prolongé aux rayons X n'étant pas très bon pour l'organisme, chaque prise de cliché est précédée de différents réglages et surtout donc d'une injection d'iode opacifiant, produit qui chauffe de façon désagréable en passant dans le circuit sanguin.

Les coronaires sont au nombre de deux, une gauche et une droite, d'un diamètre d'environ deux millimètre, ce sont elles qui alimentent le cœur d'ou l'importance de leur bon état.
Les gestes sont précis, et je peux suivre sur les écrans de contrôle, la progression des sondes au travers de mon corps.

Sur ma droite, le chirurgien donne différentes instructions aux infirmières qui se trouvent derrières lui et, contrôle les prises de vues. Je ne vois que ses yeux, étroite bande entre son bonnet et son masque mais, l'intensité de son regard et la façon dont il scrute les écrans m'oblige à le questionner.
- Cela donne quoi Docteur ?
Il est pour l'instant dans la coronaire droite.
- D'après ce que je vois, ce n'est pas terrible.
- Mais encore ?
- Çà ma l'air bien bouché, on va voir la gauche.
Il prend une sonde neuve et part tel Nicolas Hulot explorer cette fameuse coronaire : Séquence frissons ! Je vois la progression de la sonde, et d'un seul coup: Aie ! grosse douleur.
Je me crispe un peu et le chirurgien s'en aperçoit illico.
- Je vous fais mal ?
- Un peu Docteur.
- La même douleur qu'au début.
- OK, j’arrête.
Aussitôt une infirmière se précipite et je suis bon pour un petit coup de spray sous la langue. La douleur passe.

Il prend une nouvelle sonde plus petite, et recommence la visite.
- Si je vous fais mal, surtout dites-le moi !
- D'accord Docteur.
Cela passe mieux, bien que je la sente un peu quand même.
- Qu'est ce que ça dit Docteur ?
- C'est pire qu'à droite, complètement bouché.
- Et alors ?
- Et bien il faut que je vérifie les films, mais vu comme ça, vous êtes bon pour 2 voir 3 pontages.
Je me demande même comment vous avez pu arriver jusqu’ici ?

Et bien voilà, au moins je ne serais pas venu pour rien !

En réalité, je serai bon pour un quadruple pontage. A ce moment j’aurai pu prétendre entrer dans le livre des records, mais je me suis fait prendre la place par Boris Eltsine (ancien président Russe) qui lui, en aura un quintuple !!!

Enfin, je dois avoir repris le record puisqu’il est mort …

L'examen étant terminé, le médecin retire les sondes avec précaution et exerce sur le point de ponction, une forte compression jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de saignement. Cela dur bien cinq bonnes minutes. Il transpire à grosses gouttes et pourtant il ne fait jamais très chaud dans les blocs opératoires.

De plus étant depuis mon arrivée sous anticoagulants, la tache est plus ardue encore. Si la pression se relâche et que le sang repart, on se vide comme un porc.

C'est l'accident tant redouté des toréadors qui se font encorner.

Une fois le saignement arrêté, l'on me fixe un tampon compressif avec de larges bandes collantes et je suis instamment prié de ne pas bouger la jambe pendant au mois 24 heures. Çà va encore être pratique ! ! !
Ensuite un brancardier me ramènera à ma chambre et avec d'infinies précautions me fera basculer dans mon lit et, repos.


medium_coronaire_cathéter.jpg




07/11/2007

9 - MA VIE (Chapitre 3)

Au moment ou je rencontrais Richard, son père tenait depuis de nombreuses années, un magasin de vente de meubles à Asnières.
Atteint d'une grave maladie, il avait du être amputé d'une partie du pied et malgré une chaussure orthopédique, sa mobilité et surtout son morale, en avait pris un sérieux coup. Aussi, Richard décida avec son accord, et, après une période d'essai, de me confier la responsabilité du magasin.

Ce fut donc ma première grande expérience de la vente. Ma vie changea complètement du jour au lendemain.

L'époque était favorable au commerce, les gens faisaient de plus en plus souvent construire, et la décentralisation vers les banlieues proches de Paris, apportèrent un potentiel d'acheteur non négligeable.

De plus Richard savait bien acheter et nous avions toujours un choix et des prix qui attiraient le chaland. Le travail était plus dur qu'à la banque, compte tenu des horaires et des Dimanches matin ou il fallait ouvrir à cause du marché mais le contact et mon envie de convaincre, me faisait aimer de plus en plus ce métier, et, autre point non négligeable, je gagnais beaucoup mieux ma vie.


A l'époque soit en 1977, j'arrivais à plus que doubler mon ancien salaire et c'est d'ailleurs grâce à cela, que je pourrais m’offrir, de belles voitures, d'agréables voyages et plonger sur les plus beaux fonds du monde. Avec 15.000 Frs, on faisait pas mal de choses…
A ce propos, notre petit groupe de plongée était inséparable et dès que nous le pouvions, nous partions soit chasser en Bretagne, soit plonger en Corse ou sur la côte d'Azur dès qu'un week-end prolongé pointait son nez.

Ma vie de vendeur se poursuivra jusqu'à mon accident cardiaque, dans différents domaines et multiples produits avec toujours la même rage de convaincre et le plaisir de voir ou revoir un client satisfait.

C'est un dur métier que celui de commercial car il faut donner beaucoup de soi-même. Quelque soit vos propres problèmes, vous devez être de bonne humeur, avoir le sourire, écouter votre client afin de l'orienter vers le bon choix. Garder à l'esprit qu'un client satisfait est un client qui revient, voir même qui vous en amènera d'autres.

C'est votre "Portefeuille" et il faut savoir le garder et le faire prospérer ; là, est l'art de la vente.

Je vous passerai les nombreux produits qu'il m'a été donné de vendre et les anecdotes qui ont pigmentés ma vie, car il serait facile dans faire un autre ouvrage.

En 1995, je créerais même ma propre société ou je ferais un malheur avec ce merveilleux petit bout de métal appelé PIN’S et dont sur le plan publicitaire, en ai été un peu le créateur. On en reparlera un peu plus tard.


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06/11/2007

8 - LES URGENCES, C'EST FINI.

Samedi 15 - Pour le Service de Réanimation d'Urgence, je suis hors de danger. On me transfère donc dans une autre chambre en service de cardiologie afin de poursuivre les examens car il faut maintenant trouver la cause de cet accident.

Il y à de cela encore une vingtaine d’année, ces investigations n’existaient pas. Lors d’un infarctus, une fois sortie du service de réanimation, on vous renvoyait gentiment chez vous avec les bons conseils d’usage. C’est ainsi que ma chère Maman est partie au bout de son quatrième accident cardiaque.

On m'installe donc dans la chambre 14 et là, je vais faire la connaissance d'un curieux personnage avec qui je vais partager pendant un certain temps, une tranche de vie et, croyez-moi, quand j'utilise le mot TRANCHE, ce n'est pas qu'une image!

Il se prénomme André ; c'est un grand gaillard de 72 ans ancien boulanger pâtissier de son état, retiré dans l'Indre au milieu d'une nature qu'il aime et chéri. Il a une voix de stentor, une immense joie de vivre et une façon de ronfler qui ferait honte à un Boeing 747 au décollage.

D'entrée, nous sympathisons. Nous avons certains points en communs dont surtout celui de la bonne chaire.

A chaque repas, nous transformons nos jambons purée en délicieuses terrines et pâtés divers, les nouilles à l'eau en gratins onctueux et dorés, les compotes en gâteaux pur beurre où les fraises et la chantilly, voisinent avec le chocolat et les petits fours.

Il parle de son pain comme un avare de son or, avec des mots précieux et rare qui vous donne l'impression d'être au milieu du fournil. On le voit, on le sent, on aimerait en manger.

Les boissons ne sont pas en reste, et notre triste carafe d'eau est vite remplacée par des images de Chinon, Gamay et autres " vins de soif" comme il sait si bien le dire.

Il a passé sa période militaire en tant que cuistot dans les sous-marins et pas n’importe lequel s’il vous plait : le CASABLANCA, qui s’est illustré par de hauts faits pendant la dernière guerre, et donc il n’a pas mal "bourlingué" ce qui agrémente gentiment nos soirées, d'aventures à la Dickens et nous en fait même oublier la télévision. Le week-end passera ponctué de visites familiales comme de coutume dans ces cas-là.

Lundi 17 - La journée est calme, ma seule contrainte physique, est une seringue d’Eparine (un fluidifiant sanguin) qui est reliée à mon bras gauche d'une part et à un appareil qui pousse cette grosse seringue automatiquement par un système de piston électrique, qui me distille ainsi une dose précise. L'appareil pouvant être mis sur batteries, me permet de faire quelques pas dans le couloir et même de descendre boire un café; subtil plaisir. En fin de soirée je suis obligé de me raser du nombril au genoux pour l'examen du lendemain: la Coronarographie.


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* ENTRACTE*

Bonsoir,

Juste un petit entracte pour vous dire à toutes et à tous combien je vous remercie pour vos gentils commentaires et mots d’amitiés.

J’aimerais répondre à chacun de vous séparément, mais vu mon état de santé (on verra cela par la suite) et, quand plus je gère deux blogs en même temps, il m’est difficile de répondre à tout le monde.

Pour celles et ceux que l’histoire du cinéma intéresse, je vous donne l’adresse de mon deuxième blog, fait en mémoire de mon Père.

http://memoire.blogs.allocine.fr

Néanmoins j’en profite à chaque fois pour aller vous connaître un peu mieux par une petite visite sur vos blogs.

En attendant la suite, je vous adresse à toutes et à tous, mes amitiés sincères et chaleureuses.

COEURDELOUP.

05/11/2007

7 - MA VIE (Suite)

Ayant une fois de plus obtenu le maximum dans ma seconde banque j’en étais arrivé à me demander ce que j'allais faire.
La mentalité étriquée de petit "Rond de cuir" ne me convenait plus. Nous étions en 1976, j'avais alors 31 ans et avait toujours été relativement sportif.

Mon choix s'était porté sur des sports tel la lutte, le tennis de table, le hockey sur glace et le ski. J'avais obtenu quelques médailles et récompenses dans chacune de ses disciplines sans toutefois devenir un champion.

Malheureusement à la suite d'un accident de ski assez grave qui m'avait cloué au lit pendant une longue période, il m'avait fallut faire un autre choix ne pouvant plus ni courir, ni sauter cause de la fracture des deux articulations de la cheville.

Qui dit arrêt de sport dit généralement prise de poids. Il fallait donc que je trouve une solution. Elle vint de mon kinésithérapeute qui un jour de soins me dit:
- Si vous faisiez de la natation, et de plus en mettant des palmes, cela ferait travailler votre cheville ce qui serait très bénéfique.

Sitôt dit, sitôt fait, je rentrais le soir chez moi et cherchais dans l'annuaire les piscines environnantes. J'habitais alors la région ouest de Paris et mes recherches m'amenèrent à la Celle St Cloud ou se trouvait la piscine municipale, qui outre la natation, dispensait des cours de plongée sous marine le soir.

L'idée était séduisante et je me rendis donc en ce lieu pour faire mon "baptême de plongée". Je fus accueilli par une bande de garçons et filles super sympa qui m'intégrèrent aussitôt au groupe et me firent découvrir les joies mais aussi les contraintes de la plongée et de la chasse sous marine.

Quand vous cheminez sur la route de la vie, vous arrivez parfois à des croisements et là, il faut faire un choix.

Au sein de cette équipe de copains, il y avait Bruno, mon médecin cité au début de ce récit, et un certain Richard passionné par la plongée, (il l'est encore aujourd'hui à 62 ans); un garçon pour qui ce sport était plutôt une discipline dont le respect des règles qu'il connaissait et respectait scrupuleusement me donnèrent envie d'en savoir d'avantage.

Richard fut aussi celui qui me fit prendre une autre route, celle qui mène à ce merveilleux métier de la vente. C'était lui même un professionnel et nous passerons ensemble à travers différentes époques de la vie, restant toujours unis par une profonde amitié qui perdure encore aujourd'hui depuis plus de 30 ans.



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04/11/2007

6 - SOINS INTENSIFS, La suite.

Vendredi 14 –

Toujours en soins intensifs, cette journée va être éclairée de quelques améliorations qui, pour moi valent de l'or. Après les différents contrôles d'usage (température, tension, électrocardiogramme), l'on vient m'annoncer que je vais pouvais " aller au fauteuil" ; en clair, poser les pieds par terre.

Le bonheur ne tient souvent pas à grand chose et c'est dans ces instants que l'on réalise ce qu'est la liberté et ce que peuvent éprouver ceux à qui on l'a supprime.

Mon épouse est venue m'apporter un nécessaire de toilette dont mon rasoir électrique qui va se faire un plaisir de tondre ces deux jours de barbe et me redonner une allure moins " homme de Cro-Magnon ".

Phase 1, s'asseoir au bord du lit; ça tourne un peu mais c'est supportable - Phase 2 se mettre debout, cela tourne un peu plus et j'ai l'impression d'avoir bu un coup de trop. Heureusement le fauteuil n'est pas loin.

N'oublions pas que je suis toujours " branché " de partout et qu'il faut faire attention de ne pas s'emmêler les " crayons ".

Il faut savoir que dans les chambres d'hôpital (généralement à deux lits) vous êtes soit côté porte, soit côté fenêtre. Je suis côté porte, et, cela m'arrange bien car le cabinet de toilette se trouve de ce côté ce qui fait qu'en passant mes fils au dessus de la porte, je peux accéder à cet endroit et me laver de façon presque parfaite.

Je réintègre vite fait le fauteuil car j'ai les jambes en coton. Enfin, le fait d'être assis me donne envie de faire des mots croisés, lire, et, surtout celle d'écrire ces mémoires.
En tout cas cela m'occupe et m'empêche de penser au travail, sujet dont nous reparlerons plus tard est qui est en fait un des éléments de ma présence ici.

La fin de matinée est ponctuée par l'arrivé d'une équipe de médecins divers (patron, internes, externes etc. .. . ) qui après m'avoir auscultés et, vérifiés les résultats de la nuit, décident de me faire subir un examen appelé coronarographie dont je vous narrerais le déroulement dans un prochain chapitre.

J'attends le repas avec impatience qui, pour un hôpital est de bonne qualité. A ce propos je reçois la visite d'une charmante diététicienne qui va prendre en charge ma nutrition. Je lui souhaite du courage ! Le régime ce n'est pas mon fort.

Mon voisin côté fenêtre me quitte et est remplacé par un nouveau qui semble avoir des problèmes de rythme cardiaque instable. J'en ferai les frais la nuit même car son cœur ayant des arrêts ponctuels, met en alarme son contrôleur à chaque fois que ses battements descendent en dessous de 25 pulsations/minute.

Il est bon pour un Pacemaker. Je le reverrai d'ailleurs quelques jours plus tard après la pose, frais comme un gardon avec un cœur réglé comme une horloge.



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03/11/2007

5 - QUI SUIS-JE ?

medium_GILLES_BLOG.jpgMais au fait, qui suis-je ? En réalité, cela n'a pas réellement d'importance pour la suite de ce récit car mon aventure a sans doute été vécu par des milliers de gens, mais moi, j'ai voulu la faire partager, simplement, car ce moment de vie m'a fait découvrir l'importance des mots comme: union, couple (vivre à deux mais n'être qu'un), Temps : de vivre, de jouir des choses et des êtres que l'on aime et refuser de suivre le chemin obligatoire où la société actuelle veut nous mener c'est à dire une forme d'esclavage ou l'homme n'a plus le pourvoir de décider de Sa vie.

Bref, j'ai mis les pieds sur terre un matin chaud et ensoleillé du 12 juillet 1945 pour faire plaisir à mes parents dont j'étais la cerise sur le gâteau après ces années difficiles de guerre et de privations.

Mon père avait embrassé, outre ma mère, une carrière cinématographique qu'il poursuivra d'ailleurs toute sa vie sous différentes formes mais toujours dans la voie de défendre notre beau cinéma français.
Il est malheureusement aujourd'hui plus de ce monde, mais j'ai tenu à lui rendre hommage pour son oeuvre dans le cinéma pour la jeunesse.

Si vous êtes intéressés par le cinéma des années 50, rendez-vous sur :

http://memoire.blogs.allocine.fr


Ma mère malheureusement trop vite disparue depuis dix ans déjà, et qui me manque cruellement, était secrétaire de direction et n'a pu profiter de sa retraite.

Après des études primaires et, le mot est bien choisit, bien que peu frileux, j'avais opté pour la place à côté du radiateur, celle ou s'épanouissent comme la dit si bien Jacques BAUDOIN, les plus beaux cancres.

Après avoir obtenu quand même mon certificat d'études, je poursuivis le secondaire dans un lycée d'enseignement technique et commercial où bien sûr je me réservais d'office, la même place côté chauffage...

Malheureusement ou heureusement c'est selon, mes professeurs s'aperçurent que je n'étais pas si idiot que je voulais bien le faire croire et me donnèrent le choix soit de rejoindre les premiers rangs, ou de quitter ce charmant établissement.

Quelque peu orgueilleux, je pris donc la première solution et sans grands efforts supplémentaires, obtins après trois ans, mon brevet d'études commerciales et comptables.

Munis de ce précieux document, je frappais à la porte d'une grande banque d'affaires qui m'offrit une place royale de « Grouillot » - c'est à dire ce que l'on peut faire de plus bas dans le genre !

J'y resterais dix ans, passant de Grouillot à Grouillot Chef puis à Grouillot Chef Chef pour finir enfin Chef de section ce qui n'étais pas si mal quand on sait à quelle vitesse on donne les promotions dans la profession bancaire.


Je passerais rapidement sur l'épisode "Beau militaire", ou l'Etat Français m'offrit pendant vingt et un mois, la possibilité de visiter l'Allemagne gratuitement et notamment le Quartier Napoléon à Berlin pour ceux qui connaîtraient. Un grade de sergent et quelques jours de "gnouf" embelliront le tableau.

Je ferais aussi la connaissance de ma première femme que je ramenerais en France. Ce sera la première, mais par la dernière !!! Etant un disciple d'Eddy Barclay....

Ayant fait le tour de ma banque d'affaires, et obtenu, ce que l'on nomme mon "bâton de Maréchal", je décidais d'aller voir ailleurs si l'herbe était plus grasse.

A l'époque c'est à dire dans les années soixante dix, le travail ne manquait pas et l'on pouvait se permettre de donner sa démission le matin et d'avoir une nouvelle place le lendemain. Les temps ont bien changés depuis.

Je lançais donc une dizaine de curriculum vitae dans la nature et reçu illico dix réponses positives !!! Je n'avais qu’à choisir le "pré le plus gras". Ce fut donc dans une autre banque que je passais encore quatre années afin de parfaire mes connaissances et essayer d'obtenir un poste plus important et surtout plus rémunérateur.


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02/11/2007

4 - LE REVEIL EN SOINS INTENSIFS.

Jeudi 13 –

Ce qu'il y a d'étrange dans le milieu hospitalier, et quelques soit le service, ce sont les horaires qui régissent le rythme de la journée d'une façon quasi militaire.

Le thermomètre remplace le clairon mais est aussi matinal - Ensuite la tension et diverses vérifications d'usage. Il est à peu près 7 heures 30.

Un grand vide d'une bonne heure s'écoule avant que l'on perçoive les bruits et odeurs qui annoncent le petit déjeuner. Moment au combien attendu après cette nuit mouvementée; car enfin, le cœur c'est une chose, l'estomac une autre !

La porte de la chambre s'entrouvre sur le visage jovial d'une rondelette femme de couleur.
-Bonjour messieurs, café noir ou café au lait demande-t-elle?
-Café noir pour moi s'il vous plaît lui réponds¬-je.

Le plateau vient se poser sur ma table roulante et je découvre avec joie, un beau morceau de pain tout frais, un petit carré de beurre, un petit pot de confiture. Le tout accompagné d'un grand bol de café odorant.

Une aide soignante vient également me déposer les médicaments du matin. La journée ne débute pas si mal que cela en fin de compte.

Ensuite la toilette, et là, dans ma situation çà rejoint "Les coulisses de l'exploit".

Evidemment dans les conditions où j'ai quitté la maison, je n’ai absolument rien hormis un slip et une paire de chaussons - pour faire sa toilette, c'est léger !!!

Comme je ne suis sûrement pas le premier à qui cela arrive, on me donne une serviette, un gant, un rasoir et du savon à barbe (mais pas de miroir !) et comme de plus je me rase au rasoir électrique, j'abandonne de suite l'idée d'une telle tentative, ne sachant pas si un casting est en cours pour un éventuel rôle de Frankenstein….

Tout ce petit matériel est posé sur une table roulante avec une cuvette d'eau chaude et un "haricot" (petit plat bien en vogue dans tous les bons hôpitaux, et ressemblant par sa forme au célèbre légume ; d’où son nom) pour me rincer les dents, puisque évidemment, je n’ai pas le droit de bouger, ou très peu.

De plus avec tous les fils auxquels je suis branché, je sens cela dans le genre "Mission impossible".

Avec des gestes lents et calculés, j'arrive quand même à faire un semblant de toilette, cela donne l'impression de rafraîchir et, une infirmière vient me laver le dos: c'est le luxe!

Ensuite une autre équipe se charge de me refaire un lit tout neuf. Là encore la technique est bien au point. Si un jour l'envie vous en prend, essayez de faire un lit et changer les draps avec quelqu'un dessus, à mon avis ça doit être aussi facile que de changer la roue d'une voiture qui roule...

Le personnel soignant sait faire des prodiges et on ne le remercie jamais assez. Pourtant c'est le seul rayon de soleil que nous ayons, nous pauvre malade.

Aussi moi, ici, je les en remercie du fond de mon Coeur, dans tout les sens du terme !!!




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01/11/2007

3 - AUX URGENCES.

Nous roulons vers l'hôpital, allongé sur mon chariot, j'ai une vision restreinte de mon environnement. Au plafond, un éclairage assez violent qui réfléchit la blancheur de la cabine, donne un aspect spectral à l'ensemble.

A ma gauche, l'infirmière, une grande blonde à l'accent slave m'adresse un sourire confiant en essayant de dissimuler un bâillement. Elle a un coup de barre et me dit que cela fait douze heures qu'elle est sur la brèche. A ce train là, il n'est pas étonnant d'avoir envie de repos.

Le toubib est assis à côté d'elle, les jambes croisées, il remplit ce que je pense être un rapport sur mon cas – En même temps, il me pose certaines questions.
- Vous faites quoi dans la vie ?
- Je suis représentant.
- Ah oui ! En quoi ?
- Objets de communications - Briquets, stylos, Tee-shirts, vous voyez ?
- Oui, bien sur, et ça marche?
- Bof! Pas terrible en ce moment, la conjoncture ne nous aide pas, les gens sont "frileux" et ont peur de l'avenir.
Il est vraiment sympa ce Doc. J'ai l'impression qu'il entretien la conversation pour m'éviter de penser et il y arrive très bien car je sens l'ambulance qui s'arrête, nous sommes arrivés et je n'ai pas vu les vingt kilomètres passer.

Nous sommes à présent dans le sas des urgences de Hôpital, on me descend de l'ambulance, et après avoir passé deux grandes portes à double sens, l'on me conduit au travers d'un long dédale de couloirs éclairés seulement par les blocs de secours. On roule vite, j'ai la sensation d'être un personnage important, mes quatre compagnons m'escortent tel des motards - Deux devant, deux derrière et roulez jeunesse ...
Stop - Terminus; nous sommes arrivés-le chariot est amené à côté d'un lit qui semble n'attendre que moi.

Je fais connaissance avec une nouvelle équipe de fourmis qui m'attrapent chacune d'un côté et me font glisser du chariot sur le lit.

La chambre ressemble à une régie de télévision, il y a des écrans partout, des appareils bizarres et étranges dont je connaîtrais l'utilité plus tard.

Les fourmis s'activent autour de moi comme si j'étais la reine - on me colle des électrodes partout qui sont reliés à un écran de contrôle au dessus de ma tête ¬mes bras sont pris d'assaut par des perfusions diverses et variées.
Il est deux heures du matin.

L'équipe du SAMU vient me dire au revoir. La grande blonde slave se penche sur moi et me gratifie d'un bon gros baiser sur la joue et en partant me passe amicalement la main sur le pied. Quand au Doc., il me serre la main chaleureusement sans un mot, mais son regard et sa poignée de main valent mieux qu'un long discours.

Quelque part je sais que je lui dois d'être encore là et si la vie veut que nos chemins se croisent un jour, j'aimerai pouvoir lui dire Merci.

Je tourne la tête à gauche ou se trouve un autre lit sur lequel je distingue un homme dont les yeux sont recouvert d'un cache comme l'on vous en prête la nuit dans les avions, et qui le fait ressembler à une grosse mouche.

J'espère pour lui qu'il a aussi des boules dans les oreilles, car vu l'effervescence qui règne de mon côté, son repos a dut être perturbé.
Autour de moi, on continue d'aller et venir, on chuchote sur mon cas, l'on m'installe de mieux en mieux, m'interroge.



- Ça va Monsieur, pas de douleurs?
- Non pour l'instant c'est OK.
- Bien, si vous ressentez quoique ce soit, appelez-nous.
On me montre la sonnette d'urgence, me branche le téléphone. Une infirmière me dit :
- Voici votre code pour obtenir l'extérieur, je vous fais connecter comme çà vous pourrez appeler votre femme;

J'ai hâte en effet de pouvoir la joindre et la rassurer, car elle doit tourner en rond comme une lionne en cage. Je compose le code puis le numéro de la maison et bien sur comme un malheur n'arrive jamais seul, cela ne marche pas.
Après trois tentatives infructueuses, je sonne à la garde. ..
- Je suis désolé mais je ne puis obtenir mon numéro!
- Attendez, je vais voir et je reviens.

Cinq minutes passent - Retour de l'infirmière.
- Effectivement, vous n'êtes pas branché car cela est fait par informatique et à cette heure-ci, il n'y a plus personne.
Je lui demande:
- Pouvez-vous l'appeler de votre bureau pour lui donner des nouvelles ?
- Bien sur, ne vous inquiétez pas, je m'en occupe.
- Merci beaucoup, vous êtes bien gentille.

J'aurai préféré l'avoir moi-même, lui dire que j'allais bien, que je l'aimais et quelle me manquait déjà beaucoup.

Ce qui est bizarre dans tout cela, ce n'est qu'un aucun moment je n'ai eu peur de mourir, l'idée m'a effleuré l'esprit bien sur mais le lien d'amour qui nous attache l'un a l'autre me semble si solide que ce n'est pas l'Autre avec sa grande faux, qui pourrait le couper si facilement.

Je verrais arriver le jour doucement sans avoir pu dormir vraiment mais quelle importance - Il y aura bien d'autres nuits...




****

31/10/2007

2 - UN COEUR SUR LE CARREAU.

Mercredi 12 Mars 21 heures 30, nous regardons, ma femme et moi la télévision. A dire vrai nous ne sommes pas spécialement intéressés par le programme. Nous savourons enfin le travail de ces quatre derniers jours - le réarrangement d'un appartement n'est pas chose aisée.

Cela faisait dix ans que nous dormions dans un double living et, après le départ de nos enfants, nous avions récupérés deux pièces. L'une deviendra mon bureau, l'autre notre chambre.

Les quelques travaux de remise à neuf opérés, nous avions couchés pour la première fois dans celle-ci le Dimanche précédant.
Encore fallait-il redonner au living une nouvelle vie, et c'est donc après trois jours d'efforts, de différentes réflexion et autres déplacements de meubles et bibelots, que nous en étions enfin arrivés à contempler notre œuvre ... Nous étions heureux, comme d'habitude de partager ce moment de complicité qui nous unit depuis maintenant dix ans.


Je me lève un instant afin de me servir un petit digestif qui me semble bien mérité; Soudain tout bascule, une vive douleur me serre la poitrine comme un étau, j'ai la gorge serrée, ma femme m'interroge.
- Ca ne va pas ?
- Pas très bien, mais ça va passer, ce doit être nerveux.

Il est vrai que depuis quelques temps, j'ai des soucis avec mon travail, les affaires sont difficiles et je suis dans un état de stress permanent.

La douleur s'accentue et de plus, descend dans mon bras gauche. Une insensibilité gagne progressivement mon annulaire ainsi que l'auriculaire. Je respire mal avec cette pince qui me comprime la poitrine. Ma femme est de plus en plus inquiète, cela fait maintenant un quart d'heure que je suis dans cet état.
- Veux - tu que j'appelle Bruno ?
Bruno est mon médecin et ami depuis maintenant 25 ans. Des liens sportifs nous unissent car nous avons fait de la plongée sous-marine ensemble pendant de nombreuses années.
De plus, c'est un excellent médecin au diagnostique sûr, et j'ai une entière confiance en lui. Malheureusement, il est absent et son secrétariat nous dirige sur une liste de médecins de garde.

Je ne suis pas du genre à me plaindre, mais là, je commence à paniquer. Un médecin répond enfin à notre appel. Le temps passe, cela fait maintenant une
Demi-¬heure que mon malaise a commencée et dans ces moments-là, chaque minute ressemble à une éternité.

Enfin on sonne à l'interphone, entre temps je me suis allongé sur le lit de repos récemment installé. J’ai l’impression que mon cerveau tourne au ralentit.

J'entends l'ascenseur qui arrive à notre étage, la porte s'ouvre et aperçois enfin le médecin dans l'encadrement de la porte.
- Bonjour Monsieur.
- Bonjour Docteur.
Ma voix n'est pas très assurée, j'ai la gorge et les lèvres sèches à force de respirer par la bouche à petits coups. De plus j’ai la sensation d’avoir la mâchoire crispée.
- Vous avez quel âge?
- Cinquante et un ans.
- Vous fumez?
-Oui.
- Combien?
- Environ un paquet par jour.
- Avez-vous du cholestérol ?
- Oui, je suis d'ailleurs traité pour cela.

Ma femme est là debout, je la sens inquiète, voire un peu perdue, elle voudrait pouvoir m'aider. Le docteur lui demande de résumer brièvement les conditions dans lesquels sont survenus les douleurs.
Il prend ma tension: 18 - 9

J'ai toujours mal, je me demande ce qu'il attend pour faire quelque chose car en fait j'ai compris ce qui m'arrive mais le mot fatidique n'a pas encore franchi ses lèvres. Enfin il s'approche de moi.
- Ouvrez la bouche et soulevez la langue.

Il me vaporise un spray très mentholé. Je l'entend déchirer un sachet, et il me colle un patch sur la poitrine côté cœur.
- Ca va mieux ? demande – t’il
- Un peu.
La douleur est toujours là, légèrement moins intense mais toujours cette sensation de bras ankylosé.

Enfin le verdict tombe.
- Il faut appeler le SAMU, il est sûrement en train de faire un infarctus.

Le grand mot est lâché - j'ai la trouille d'autant que j'ai perdu ma mère il y a dix ans de la même façon. Le médecin essaye de rassurer mon épouse dont le visage reflète l'inquiétude et l'angoisse.
- Ne vous affolez pas, ils font tout ce qu'il faut sur place.
B'en voyons, bien sûr, encore faut-il qu'ils soient là. Il appel donc le SAMU, donne un maximum de renseignement sur moi.
- OK on vous rappelle pour vérification.

Il est vrai qu'avec tous les plaisantins d'aujourd'hui, ils sont obligés de prendre des précautions.

Le temps passe, la douleur non.
Je regarde ma montre et j'ai l'impression que les aiguilles sont figées. Il est 22 heures 45.
Vingt trois heures, le téléphone sonne, c'est le SAMU; ils sont un peu perdu - il est vrai que notre rue comporte deux immeubles avec le même numéro - en réalité, ils sont à 200 mètres de la maison.
On sonne, ça y est, ils sont enfin là - j'ai toujours mal mais quelque part je vais mieux dans ma tête.

A partir de ce moment, tout va aller très vite.

Ils sont quatre, trois hommes et une femme. En quelques instants, la pièce est transformée en hôpital de campagne.
On décroche un tableau, on le remplace par une perfusion, on pousse les meubles, ils leurs faut de l’espace, et moi de l’air…

L'on se croirait à la télévision dans "Urgences" mais là, la scène est réelle et à mon avis on ne pourra pas la tourner deux fois.

Le médecin du SAMU se renseigne auprès de son confrère qui est resté jusqu'à leur arrivée.
Les trois autres tels des fourmis, vont et viennent en geste précis - chacun a une tache bien spécifique - il faut faire vite car plus le temps passe, plus les dégâts peuvent être importants. Il faut éviter au maximum que le cœur ne soit blessé.

Le médecin de garde s'en va et me confie aux soins de ses collègues.
La douleur s'est estompée, je respire mieux.

On me fait un électrocardiogramme qui semble normal.
Pour le médecin du SAMU, un type sympa, cheveux frisés; on dirait un peu Alain PROST, cela ne veut rien dire car un électro normal peut cacher quand même l'infarctus. Différents degrés existent et rien ne doit être laissé au hasard.

D'un seul coup, la douleur revient de plus belle. ¬Panique, re-spray sous la langue - piqûre - contrôles divers - je suis un peu dans le brouillard - les quatre
"SAMU-SQUETAIRES" se battent à mes côtés, et à force de fendre et pourfendre, parviennent à terrasser la douleur qui m'oppresse.

Il est minuit.

Avec tous les produits qu'ils m'ont injectés, je suis un peu dans les vapes mais au moins je respire normalement et je n'ai pratiquement plus mal.

Il faut néanmoins m'hospitaliser et trouver une place dans une U.S.I.C (Unité de Soins Intensif Cardiaque). Deux trois coups de téléphone de mon sympathique médecin et hop on m'embarque illico via l'hôpital du Chesnay. Un fauteuil roulant m'amènera au RDC de notre immeuble où m'attend déjà un chariot.

J'ai à peine le temps d'embrasser ma femme qui ne comprend pas bien ce qui arrive tellement cela est rapide.
Si la douleur physique à disparue, une autre m'assaille l'esprit - j'ai l'impression de partir comme un voleur, pas le temps de lui dire que je l'aime, de la prendre dans mes bras, de sentir son parfum ...

Certains sont descendus un jour chercher des cigarettes et ne sont jamais revenus...

On m'installe sur le chariot, me branche divers appareils qui bips-bips et clignotent, j'ai l'impression de ressembler à un Martien. Enfin on me glisse dans une ambulance,

Ma femme est à la fenêtre de notre cuisine et j'ai juste le temps de lui faire un signe de la main avant que les portes ne se referment.
Les gyrophares bleus illuminent la nuit noire au travers des carreaux opaques.

Cela ne se voit pas, mais mon cœur pleure.




*****

1- INTRODUCTION.

Tout d'abord, bonjour à toutes et à tous.

Ce blob est consacré au travers de ma propre expérience, à la vie pendant et après un infarctus.

C'est en fait un journal intime que je souhaite vous faire partager et au travers de ce dernier, essayer d'éxorciser ces moments douloureux et difficiles.

Les avis, commentaires et critiques, sont les bienvenus.

Merci d'avance pour l'intérêt que vous pourrez porter à cette aventure.

COEURDELOUP.

 
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